Quand le« terrible two » a frappé à ma porte


 

Petit Amour et Petit chat allongés au sol

J’en avais entendu parler, je l’ai lu dans les livres, sur les blogs. Les parents semblaient vraiment la craindre et moi je ne voyais pas du tout de quoi ils parlaient : la période du « terrible two ».

Mini adolescence, caprices, prises de pouvoir, crises inimaginables, les termes font peur et pour cause.

Mais moi, naïve, je te voyais, petite boîte à sourire, bien sûr tu as ton caractère, mais était-ce l’état fusionnel ou simplement le fait que tu sois mon tout-petit si beau, si parfait, je ne l’ai pas vu venir. Je m’énervais de plus en plus contre toi, qui es-tu ? Qu’as-tu fait de mon bébé ? Tu étais là, sous mes yeux, grandissant comme la nature t’a faite pour et m’exposant ton opposition ou plutôt ton affirmation d’être différent de moi, de faire comme toi tu l’avais décidé et non moi. Tu as appris que toi et moi étions deux personnes distinctes, que non seulement je t’aimais, mais que parfois je pouvais me fâcher et que cela remettait en question cet amour que tu imagines infaillible. Alors, oui, tu as compris plus vite que moi, ce que j’ai mis relativement du temps à accepter. Tu grandis, et nous voilà à cette fameuse étape tant redoutée.

Je t’ai vu sauter à pieds joints pour ne pas manger ce que j’avais préparé, balancer l’assiette alors que tu sais qu’il suffit de la pousser et de sortir de table, t’asseoir en plein milieu du passage piétons, refuser catégoriquement de donner la main sur une route passante, me taper et me regarder avec ses yeux terrorisés lorsque je suis rentrée dans une colère noire tellement je n’en pouvais plus…j’ai eu honte les premières fois, honte de ne pas te comprendre, de ne pas savoir pourquoi tu réagissais de cette façon et que faire. J’ai pleuré et même remis en question toute l’éducation et le chemin qu’on avait pris. Mais au bout de ma réflexion et de ces journées interminables où je ne supportais plus de te voir, j’ai enfin vu. Mes yeux se sont ouverts et j’ai vu ce que je refusais de voir, ce que je ne m’attendais pas à voir.

Alors, mon comportement s’est adapté. Ce n’est pas tous les jours faciles, mais je suis mieux armée, et je m’arme encore chaque jour, pour mieux t’accompagner, pour que tu grandisses sans que je t’infantilise plus que de raison, que je te respecte, que je t’accepte comme tu es. Moi aussi je grandis avec toi sur cette route.

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