Mon paradoxe


capferret-lepetpdeprincesse

Depuis la reprise, j’ai commencé mon stage. Les horaires sont , si l’on veut, atypiques. Un rythme différent, un rythme qui me met sur les rotules.

Certes, je suis fatiguée, épuisée même, au point de dormir plus, de ne plus avoir envie de sortir le week-end et…d’avoir les défenses qui faiblissent. Mais je me sens bien. Oui, je suis heureuse de cette opportunité, de cette nouvelle étape de ma vie. J’ai ce sentiment d’être à ma place, d’être sur la route, mais là où je dois être. Ce n’est pas facile tous les jours, non, j’apprends, j’essaie, je rectifie, je questionne, je me questionne, j’observe, j’applique, je propose, je discute et c’est enrichissant.

Le paradoxe? Toute la journée je m’occupe d’enfants, de ceux des autres. J’en prends soin, je joue, je les aide, je les suis, je les observe, je les encourage, je sèche leurs larmes, je tente de les rassurer, je les accompagne dans différents moments de leurs quotidiens. Quand je suis là-bas, je fais ce que j’ai à faire, du mieux que je peux parce que c’est important pour eux, parce que c’est important pour moi.

Le paradoxe donc disais-je, c’est que désormais je manque de temps pour mon enfant. Quand je dois partir tôt le matin, soit je ne le vois pas et ne peut donc l’aider à se préparer, l’accompagner pour le biberon du matin…notre rituel matinal est rompu. Ou il se lève tôt et je dois écourter de nombreux moments ou les laisser à son père. Il m’en veut, il me fait savoir qu’il n’est pas d’accord et en colère. Le soir je ne peux dîner avec lui et il m’attend pour le coucher. Ça me fait mal, c’est un déchirement pour moi aussi. Ça fait un mois et je remets déjà en question un retour dans le monde professionnel. Quelle est ma place? Auprès de mon enfant? C’est certain! Pourtant je ne culpabilise pas. Non. Pas une once de culpabilité de faire ce travail plutôt que d’être avec lui. J’aimerai trouver une solution, un moyen pour que ces moments du soir et du matin soient toujours intacts car tellement importants pour nous deux. J’ai choisi une voie qui ne me simplifie pas l’existence, qui ne me simplifie pas l’existence au quotidien avec ma famille, pourtant je m’y sens bien. Je pensais que lorsqu’il aurait passé 3 ans ce serait plus simple, moins difficile de « laisser » certaines choses. Le fait est que ça me manque, peut-être ai-je aussi peur que l’on s’éloigne. Je sais aussi que cela ne servirait pas aujourd’hui que je sois encore à la maison à temps plein mais j’aurai espéré, je crois, être davantage disponible quelques années encore pour lui, pour nous, ne pas être continuellement dans une course folle contre la montre et lui imposer ce rythme, pas à cet âge, pas maintenant.

On discute, j’explique, il me pose des questions, on se fait d’énormes câlins et je profite du moindre instant pour lui souffler comme je l’aime fort et que je serai toujours là pour lui…

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