Manger à sa faim, selon ses besoins


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Je me souviens encore très bien comment ma mère me forçait à manger, à finir mes repas alors même que je n’en voulais pas. Je ne saurai dire si je n’avais pas faim ou parce que les repas me tétanisaient. Je me souviens devoir manger des ptits filous qui me répugnaient et me donner des hauts le cœur, finir une assiette dans la cuisine seule…avec les mots qui vont bien.

J’en ai longtemps voulu à ma mère car je ne comprenais pas pourquoi elle me forçait et j’ai eu un rapport très difficile avec la nourriture pendant longtemps. J’ai commencé à manger lorsque j’ai rencontré GrandAmour, puis à apprécier cela quand j’ai eu l’opportunité d’évoluer en choisissant MA nourriture, ce que je voulais dans MON assiette et ce que je ne voulais pas.

Lorsque j’ai été enceinte de PetitAmour, j’ai mangé au mieux pour lui, pour moi. Et depuis sa naissance j’ai beaucoup lu, échangé, cuisiné pour lui donner qui me semblait le meilleur. J’ai commencé à comprendre les craintes non formulées de ma mère. Je suis devenue mère et j’ai eu peur que mon fils ne se nourrisse pas assez, qu’il n’ait pas ce qu’il faut…On m’a dit « un enfant ne se laisse jamais mourir de faim » et je lui ai fais confiance. Il a toujours eu un bon appétit, mangé de tout. J’étais soulagée quelque part, il n’aurait pas ce problème avec la nourriture. Bien sûr, il a eu des phases où il mangeait peu, mais il mangeait toujours à un moment donné. On le laissait gérer son repas, entre sucré/salé, avec les mains ou couverts, assis à sa manière, pique-niquer dans l’appartement… il n’y avait aucun problème tant qu’il mangeait ET y prenait plaisir.

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Ce début d’année, il est tombé malade deux fois, avec de fortes fièvres et pendant plus d’une semaine il n’a rien avalé si ce n’est un peu de lait végétal. J’ai pris sur moi, car lorsqu’on est malades on n’a pas faim, je le comprenais. Mais ça a continué, il ne voulait rien de ce qu’on lui proposait, même les choses qu’il aime habituellement. J’ai alors senti en moi l’enfant qui n’avait pas été écouté, entendu. J’ai senti la colère monter, je lui en voulais de me mettre face à cette situation. Je sentais que ça m’échappait, j’avais peur pour son développement, j’avais peur de sa perte de poids…j’avais surtout peur du jugement des autres. Ce n’était pas vraiment pour lui que j’avais peur, j’étais inquiète, c’est vrai, mais je le connais et du côté de l’alimentation on a toujours fait à notre manière avec lui et ça fonctionne. Ce qui me dérangeait ? Les remarques que l’on m’avait faites petite (et même plus tard), sur mon poids, ma taille et tout mon être refusait qu’il subisse les mêmes humiliations. Mais je n’écoutais pas mon enfant, j’écoutais ces voix ancrées dans mon esprit et mon enfant intérieur apeuré. Je suis passée par toutes les couleurs des émotions avant de comprendre. Comprendre que je devais, que je pouvais à nouveau lui faire confiance et le laisser gérer ça parce que tout cela ne lui appartenait pas. Puis accepter et lâcher-prise.

Évidemment il mange à nouveau, il pioche, il choisit, ne mange parfois que des féculents, parfois que du pain et du fromage, parfois seulement quelques fruit (comme beaucoup d’enfants finalement), mais il se nourrit, sait nous demander quand il a faim et surtout, ce qui me rassure plus que tout : il est vif, rempli d’une énergie débordante, souriant, pétillant, joueur, curieux, bref plein de vie et en bonne santé !

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