Le jour où je suis devenue mère


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C’était un jour du mois de janvier 2012, un jour comme un autre, un jour où je me suis demandée si je n’étais pas habitée. Oui habitée par un petit être qui grandissait tranquillement en moi. J’ai fait le test, le soir évidemment, car attendre le lendemain matin comme préconisé par la pharmacienne, c’était bien trop long.

Et puis ce jour-là le petit bâton a viré positif. Je crois bien que la dernière fois que j’avais souri aussi béatement ça devait être lorsque j’ai rencontré ton père. Ce sourire, je ne pouvais pas l’enlever, il était figé entre la peur grandissante de seconde en seconde et la joie qui inondait tout mon être. Depuis ce jour, je crois bien que ces deux-là m’ont toujours suivi. Bon gré, mal gré. La joie me disant combien c’était merveilleux cette vie, combien je t’aimais déjà toi l’inconnu qui t’étais installé sans autorisation, toi qui allais bouleverser ma vie, qui d’un coup de pipi sur un bâtonnet était devenu plus important que n’importe quoi sur cette Terre.

Pendant neuf mois je t’ai aimé chaque jour un peu plus je crois, je ne sais pas, car comment je pouvais t’aimer alors que je ne te connaissais pas? J’ai redouté le jour de l’accouchement, oui, égoïstement, je te voulais encore que pour moi. Dans mon ventre, personne ne pouvait t’atteindre, personne ne pouvait t’enlever à moi, personne que moi ne pouvait prendre soin de toi. Oui, même allongé pendant plusieurs semaines, j’ai aimé chaque minute où tu t’es trouvé dans ce nid, là, bien au chaud. J’ai mangé mieux, j’ai lu, j’ai réfléchi, toujours avec peur et joie à mes côtés. Qu’allais-je t’apporter? Je ferai de mon mieux pour toi, pour que tu sois épanoui. La peur m’interrogeait sans cesse, continuellement pendant que la joie me rassurait sur cette nouvelle vie, sur ce voyage sans aucune certitude.

Et puis un dimanche matin j’ai perdu les eaux (attention, glamourattitude!). Ca y est, c’était l’heure, le moment tant attendu de ta venue au monde. D’ailleurs c’est très étrange cette expression, car pour moi, tu étais déjà depuis neuf mois dans mon monde. J’étais persuadée que je te tiendrai dans mes bras le soir même, j’avais tout bien écouté de ce que les sage-femmes avaient dit sur la dilatation du col (glamourattitude j’ai dit!), la descente…alors je t’attendais, tu sais, avec ce même sourire béât.

Mais non, tu ne naîtrais pas un dimanche, jour de repos, mais le lundi. La peur l’emportant sur la joie, j’ai demandé la péridurale, trop peur de te perdre, qu’il ne t’arrive quelque malheur malgré les paroles rassurantes du personnel de la maternité. La peur rôdait toujours tu sais, est-ce que j’ai bien fait? J’aurai pu attendre encore, ça ne faisait pas si mal. Enfin, je crois…

Et puis la sage-femme est revenue, « je crois qu’il est descendu » je lui ai dit, à moitié droguée. « Oh oui, je vois les cheveux, vous allez accoucher » m’a t-elle dit moitié paniquée, moitié « tout va bien, je gère ».

Quelques poussées plus tard (+ une jambe qui ne réagissait plus grâce à/à cause de la péridurale!), tu es sorti de ta cachette, là, elle me tendait un petit bonhomme tout collant, que je ne reconnais pas. Qui étais-tu? Un vide s’est fait en moi. J’ai fait le deuil de toi dans moi, pour la naissance de toi près de moi, à l’instant où ton regard à croiser le mien et que mes bras t’ont enveloppé. Depuis cet instant, je t’aime de cet amour infini, indicible, inexplicable. Tu as fait de moi une mère, à quel moment? Le jour où tu t’es implanté là, dans mon corps? Le jour où je t’ai vu à la première échographie? Le jour où je t’ai senti bouger? Le jour où tu es né? Je ne saurai trop le dire. La peur dirait que je suis une mère en devenir, la joie dirait dès que j’ai su ce qu’il se tramait…mais à quoi cela sert-il de savoir quand je suis devenue mère? Aujourd’hui cela fait trois ans que nous grandissons côte à côte, chacun dans son rôle, à tour de rôle, dans la joie ou dans la peur, mais toujours dans l’amour d’une rencontre qui se fait chaque jour. Bon anniversaire mon fils!

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