Hors du radar


enfant-lepetdeprincesse

Quand mon fils était dans mon ventre, je savais où il était, je me sentais investie de cette mission de le garder là au chaud, là où rien ne pourrait lui arriver. Bien sûr, c’est un leurre. Mais j’avais cet intime conviction que là, ici, personne ne pouvait lui faire de mal.

Le radar était en place. Je ne le savais pas. Dans la chambre, avec son père, chez l’assistante maternelle, puis à la crèche, j’ai du faire un effort important pour faire confiance, pour accepter de lâcher-prise et le laisser là où je ne pourrai pas intervenir immédiatement si quoique ce soit lui arrivait.

Il a marché, escaladé, grimpé, couru…et ma vigilance a redoublé, triplé, quadruplé ?

Le radar ne devait lâcher à aucun moment. Parce qu’il suffit d’une seconde d’inattention de détourner le regard un quart de seconde pour que tout bascule. Je le sais.

Je l’avais vu tout près de moi, je l’entendais nous parler. Il a sa petite tête toujours à porter de ma main. Un moyen de savoir sans le regarder qu’il n’est pas loin. Je venais de la toucher. On regardait son père et moi une vitrine et on discutait. Une seconde, peut-être deux. Je l’ai cherché de ma main, pas de tête. J’ai baissé les yeux. A droite, à gauche. J’ai demandé à son père s’il le voyait. Non. D’un coup, je ne voyais plus les gens autour de moi, je n’entendais rien, je ne respirais plus , mon sang s’était glacé dans le reste de mon corps comme si mon cerveau ne faisait fonctionner que mes yeux pour que je le vois, lui, uniquement lui. Il fallait que je le vois. Il n’était plus sur mon radar. Comment ? J’ai prononcé son prénom, j’ai crié plutôt pour qu’il m’entende. Je ne l’entendais pas. Je sentais que je paniquais, je devais pas paniquer, il n ‘était plus sur mon radar et j’imaginais déjà le pire. Combien de temps ? A peine quelques minutes, trop de minutes.

Puis on l’a entendu pleurer. Mon bébé pleurait, il était là, il n’était pas loin, il était à nouveau sur mon radar. A cet instant, j’aurai voulu le remettre dans mon ventre, là où il ne disparaîtrait pas. Un doux leurre…il avait eu peur, il ne nous avait pas vus…et le radar n’est pas infaillible…

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