Ces peurs-là


canadair-lepetdeprincesse

Hier soir, j’ai appris le décès d’un ami de la famille. Quelqu’un que je n’ai pas vu depuis longtemps pourtant cela m’a fait un choc. C’était un homme de 40 ans, le fils de quelqu’un, le mari de quelqu’un, le père d’un enfant. Plus tard, j’ai pensé à cet article pas fini, pas très clair que je voulais publier : mes peurs depuis que je suis devenue une maman.

Il y a plein de choses dont j’ai peur pour mon enfant : qu’il tombe, qu’il tombe gravement malade, qu’il ne mange pas ce qu’il faut, qu’il devienne un criminel (ce sera forcément à cause de son éducation !), qu’il se fasse mordre par un chien, qu’il ne soit jamais propre (j’ai arrêté de me poser des questions et de tenter quoique ce soit)…mais j’arrive  me dire que quoiqu’il arrive, on affrontera, on flanchera, mais on y arrivera.
Mais il y a principalement deux choses qui m’effraient :

Sa mort

A chaque fois qu’il veut traverser sans donner la main et que les voitures passent à toute vitesse, j’ai le cœur qui s’arrête (pas longtemps, mais je suis sûre que plein de neurones sont déjà morts à cause de ça). J’ai peur, horriblement peur qu’il meurt. Alors je deviens un peu paranoïaque: il peut se faire écraser par le tram, il peut tomber du toboggan et hémorragie, s’arrêter de respirer pendant son sommeil (pourtant ce n’est plus un nourrisson)… Je n’arrive pas à me projeter dans ce cas-là, ce que je ferai, ce que je ne ferai pas, ce que je ressentirai. Est-ce qu’en tant que parent il y a quelque chose qui nous empêche d’imaginer la mort de notre enfant? Il n’est pas immortel et pourtant la simple idée de me dire que ma vie continuerait sans lui est improbable. Non, je n’arrive pas à me projeter, comme si cette simple annonce, ce simple constat pourrait être la fin, point. Comment je pourrais vivre après ça? Avec la culpabilité et les souvenirs, à chercher comment cela aurait pu être éviter? Non.

Son père et moi, morts

Là, je pleure toutes les larmes de mon corps à m’imaginer mon petit cœur seul, sans nous, à poser les milliers de questions qui lui traversent l’esprit, à réclamer son père et sa mère et personne d’autres et moi ne pouvant rien faire. Qu’est-ce qu’il fera? Comment grandira-t-il? Avec qui? Est-ce qu’il se souviendra de nous? De ne plus être là pour l’aider, l’accompagner, le rassurer, l’aimer tout simplement me fend le cœur. Et là, non plus, je ne peux y penser : et après? Quand nous partons tous les deux, ça trotte dans un coin de ma tête. Et si là, il nous arrivait quelque chose. Qui s’occuperait de lui? Comment le vivrait-il? Est-ce qu’il comprendrait quelque chose? Aurait-il le sentiment qu’on l’a abandonné? Comme pour conjurer le sort, je chasse vite tout ça de mon esprit, comme si en évitant d’y songer, ça éloignerait cette éventualité. Mais la mort fait partie de la vie, et ça nous rattrape quand on entend toutes ces choses autour de nous.
Si c’est un des deux parents, l’épreuve sera évidemment longue et douloureuse, mais c’est différent. C’est quelqu’un qu’il connaît, qui saura continuer à transmettre ce que nous mettons en place depuis sa naissance…

Ces peurs-là tapient au fond de ma tête, jamais très loin, je les regarde, j’essaie de les dompter. Heureusement, la vie prend toujours le dessus!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *